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Stefan Münz:
Forums et babillards électroniques (Boards)

Page d'information: vue d'ensemble

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Culture de la discussion sur Internet et sur la toile

Un des avantages déterminants d'Internet par rapport aux autres moyens de diffusion générale tels que la radio, la télévision et les journaux est la possibilité offerte de contribuer directement aux contenus ou de donner son avis. Beaucoup de services sur Internet servent également la communication directe entre individus: courriel, clavardage IRC (Chat) et Usenet (groupes de nouvelles) sont les services classiques pour la communication directe. La toile (World Wide Web) par contre a été davantage conçue à l'origine comme un moyen de diffusion générale. Son rôle doit être de mettre des informations à disposition du monde sur des serveurs Web. La conception du Web a certes aussi été guidée par une idée démocratique de la toile, en ce sens que chaque participant au réseau peut mettre ses propres informations à disposition sur la toile avec un peu de travail d'une part et que d'autre part la fonctionnalité hypertexte a été installée, ce qui permet de relier à souhait les contenus Web entre eux. Les trois piliers du Web cependant, à savoir HTML, HTTP et le schéma URI, étaient plutôt présentés, de par leur nature, plus pour la mise à disposition d'informations que pour la communication.

Entre-temps pourtant, un nombre croissant d'exploitants de site Web reconnaîssent l'importance que peut avoir pour l'entreprise, une plate-forme de discussion intégrée dans l'offre Web. La raison primordiale en est qu'une plate-forme de discussion, si elle est effectivement utilisée par les visiteurs contribue à renouveler continuellement les contenus de l'offre Web. Par leur contribution, ceux qui discutent enrichissent l'ensemble de l'offre et surtout les intervenants reviennent régulièrement pour poursuivre les discussions dans lesquelles ils sont actifs ou pour des nouvelles discussions auxquelles ils contribuent avec des nouveaux contenus. Ce genre de discussions bien visitées et bien conduites éveillent aussi rapidement une certaine dépendance chez les visiteurs. Un peu comme des bistrots deviennent des bistrots d'attache, les participants réguliers laissent tôt ou tard leur empreinte sur le caractère et le niveau des discussions. Il n'est pas rare que naissent de véritables communautés dont les membres finissent par communiquer entre eux par différents médias ou à se rencontrer dans la "vie réelle".

Pour exploiter avec succés une plate-forme de discussion sur ses propres pages, un certain trafic ainsi qu'une compétence humaine des exploitants sont tout d'abord requis. L'article spécialisé autre page d'information Un forum, un forum - un royaume pour un forum de Astrid Steinmann développe ces aspects. Pourtant La question de la réalisation technique se pose également en plus. Un logiciel pour plates-formes de discussions doit tourner côté serveur, étant donné que les contributions de tous les intervenants doivent être sauvegardées de façon centralisée et être mises à disposition. La réalisation du logiciel se fait par exemple comme application CGI dans des langages tels que Perl, C ou Python, ou bien PHP, ASP ou JSP. Pour une participation élevée des participants, un tel logiciel doit satisfaire à des critères de stabilité et de fiabilité pour la sauvegarde et la conservation des données. Toute aussi importante est cependant la façon de présenter le lieu de discussion aux participants. Car la façon dont il est présenté reflète l'idée que les participants se feront du "lieu de l'action". Cet aspect, à savoir le modelage du lieu de discussion est l'objet de cet article spécialisé.

Pour le modelage de plates-formes de discussions basées sur le Web se sont imposés entre-temps deux types de modèles: les forums et les babillards électroniques (boards). Les deux termes sont utilisés ici pour la distinction et conviennent parfaitement. Dans la pratique par contre, ils sont utilisés mal à propos le plus souvent, sutout parce que on avait jusqu'alors peu réfléchi sur leur différence sémantique. Ainsi les forums de la plupart des exploitants qui parlent de forum n'en sont pas du tout, mais sont des babillards. Inversement, il existe des exploitants qui parlent de babillard électronique alors qu'ils proposent un véritable forum.

Derrière les forums et les babillards se cachent d'un côté des différences techniques dans la conservation des données, mais également des différences sur la conception de la façon dont se déroulent des discussions typiques. La question de savoir si un exploitant qui se décide pour un type de modèle ou pour l'autre, le fait à bon escient est un autre problème. Les parties de cet article qui suivent ont pour ambition d'y contribuer et de présenter les deux modèles. Ce faisant, il doit y être expliqué quelles conceptions sont liées à quel type de modèle. Dans le plaidoyer en conclusion, il est pris position à cet égard pour le type de modèle du forum qui est à vrai dire le seul approprié à ce que l'on entend par "culture de la discussion". Les babillards électroniques ont d'autres missions et doivent être mis en œuvre en fonction des données du problème.

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Le modèle des forums

L'unité de base de pensée dans un forum est ce qu'on appelle le Thread (discussion). Ce terme anglais peut être traduit par fil, et par analogie au fil de la pensée, si on le tranfère sur la discussion désigne le fil conducteur de la discussion ou l'enchaînement de toutes les contributions à la discussion en question. L'important ici est qu'il n'existe en fait qu'un seul fil qui tisse l'ensemble de la discussion. Cependant le tissu ou le mode d'enchaînement peut être très informel. Le fil, Le filin, les torons , la corde et le cable sont flexibles. Ils permettent de faire des nœuds artistiques ( marine, cravate). La fabrication de tout vêtement se base sur l'assemblage de fils obtenus naturellement ou artificiellement pour obtenir un tissu. Une discussion est une matière première technique qui est longue et flexible et dont le tissage et le nouage donnent quelque chose de tout à fait nouveau. Pour une discussion, peu importe à quoi ressemble le commencement. L'important est le chemin que prendra le fil, par quels œillets il passera et quel tissu ou quelles structures en résulteront.

Même les discussions ont de telles structures. Contrairement aux assemblages réguliers de production de tissu ( comme par exemple, le tricot, le crochet ou la couture), les messages d'une discussion forment des enchaînements tout à fait différents. La structure s'obtient par les impulsions qui résultent des différents messages dans la discussion. Des messages provocants incitent à la contradiction, la contradiction unilatérale à la poursuite de la contradiction. De nombreux messages provoquent également des effets secondaires, quand une réponse s'éloigne du sujet principal pour traiter un détail apparemment insignifiant. Cet effet est appelé digression (Thread-Drift). La digression est une partie intégrante d'une discussion vivante et n'y nuit pas le moins du monde.

Celui qui désire "se brancher" sur une discussion en cours, doit se faire auparavant, c'est important, une image du cours de la discussion. C'est pourquoi il est important que le cours de la discussion soit visualisé sous une forme appropriée pour celui qui désire participer. Un visualisation pourrait par exemple être graphique et montrer à l'aide de lignes, quelle impulsion (c'est à dire quelle message) dépend de quelle autre. Un exemple simple qui suppose une discussion avec 9 messages doit clarifier cela.

représentation graphique possible d'une discussion
Illustration 1: représentation graphique d'une discussion

Dans l'exemple on remarque que les messages 2, 3 et 4 sont des "réponses" directes (appelées Follow-Ups - relances- dans le jargon des forums) à l'impulsion de départ, le message de départ qui porte le numéro 1. Le message 7 est une réponse au message 2, les messages 8 et 9 des réponses au message 4 et les messages 5 et 6, des réponses au message 3. Les rectangles noirs d'une telle représentation graphique pourraient par exemple être cliquables, pour permettre de lire le message concerné.

Pour captivante que soit la représentation graphique dans l'illustration 1- elle devient rapidement illisible pour des discussions plus importantes comptant par exemple 50 messages ou plus. Comme métaphore de représentation visant à résoudre ce problème, s'est imposée ce qu'on appelle la représentation arborescente. L'exemple ci-dessus pourrait être représenté de la façon suivante sous une forme arborescente:

représentation d'une discussion comme structure arborescente
Illustration 2: représentation d'une discussion comme structure arborescente

Le représentation arborescente offre donc une illustration de la structure relativement propre. Maintenant cependant une autre composante entre en ligne de compte, à savoir la date et l'heure. Dans l'exemple,les chiffres 1 à 9 figurent la suite chronologique, dans la quelle les messages ont été postés. Le message de départ 1 est toujours, c'est logique, le plus ancien d'une discussion. Le message 9 serait donc le plus récent dans l'exemple. Pour la représentation des données temporelles il est cependant d'usage de faire figurer en haut les éléments les plus récents. C'est ce que met en lumière par exemple une offre d'information telle que les Démonstration: nouvelle fenêtre nouvelles SELFHTML. Si on y trouvait les éléments les plus récents toujours en bas, la plupart des lecteurs ressentiraient alors cela comme étant absolument contre nature et pas très intelligent. Étant donné que les discussions également se nourissent de nouveautés, on essaie là aussi d'appliquer le principe du plus récent au sommet. C'est simple pour l'ensemble des discussions. Une discussion avec un message de départ plus récent sera représentée dans la vue d'ensemble des discussions au dessus d'une discussion dont le message de départ est plus ancien. La discussion avec le message de départ le plus récent se trouve donc tout en haut et glisse toujours plus bas quand des nouvelles discussions avec des messages de départ encore plus récents sont ouvertes. Cependant cela ne suffit pas. Même à l'intérieur d'une discussion s'applique le principe du plus récent au sommet. Ici le terme "au sommet" doit toutefois être relativisé. Car la structure indiquant quel message représente une réponse pour quel autre message doit bien sûr être conservée. C'est la raison pour laquelle les nouveaux messages sont rangés le plus haut possible tout en tenant compte de leur position relative dans la hiérarchie. Pour des messages qui se trouvent sur le même niveau sur la même branche de l'arborescence, le message le plus récent viendra en première position à l'intérieur de cette branche. En appliquant ce principe, on obtient pour l'exemple ci dessus l'illustration suivante:

Représentation d'une discussion en structure arborescente et classement du plus récent au sommet
Illustration 3: Représentation d'une discussion en structure arborescente et classement du plus récent au sommet

En comparant avec l'illustration 2 ci-dessus, on remarque qu'au deuxième niveau de la hiérarchie, l'ordre 2-3-4 a été modifié en 4-3-2, étant donnés que le message 4 est plus récent que le message 3, lui-même plus récent que le message 2. Dans les autres niveaux de la hiérarchie, le même principe est appliqué. Le message 9, comme il est plus récent est placé au dessus du message 8 et le message 6 au dessus du message 5.

Cette méthode d'illustration peut certes être retracée, et elle est naturelle, mais peut tout à fait conduire dans la pratique à des incompréhensions optiques liées à l'intuition. Ainsi le message 7 dans la représentation arborescente et classement du plus récent au sommet de l'exemple semble être assez ancien, parce qu'il est le plus bas sur l'illustration. Ce n'est cependant pas le cas - en réalité, il est relativement récent car seuls deux messages de la discussion sont plus récents, tandis que 6 messages sont plus anciens. Et - c'est l'ironie de ce principe - le plus ancien message, à savoir le message de départ reste le plus haut, bien que cela comtredise complètement le principe du plus récent au sommet. Les contradictions optiques proviennent du compromis entre le maintien de la structure logique des relances et le principe du plus récent au sommet. Pour réaliser une représentation davantage dans l'esprit de la composante temporelle et du principe du plus récent au sommet, la représentation pourrait aussi se faire comme celle d'un arbre naturel qui pousse du bas (ancien) vers le haut (récent):

Représentation d'une discussion en structure arborescente et classement du plus récent au sommet qui croît de bas en haut
Illustration 4: Représentation d'une discussion en structure arborescente et classement du plus récent au sommet qui croît de bas en haut

Cette forme de représentation résout certes en théorie la contradiction entre la structure et l'ordre chronologique de la façon la plus logique qui soit, pourtant dans la pratique cette représentation est plutôt ressentie comme artificielle et fausse.Car elle force pour retracer la sstructure logique des relances de la discussion à lire de bas en haut ce qui s'oppose fortement au flux normal de lecture de notre environnement culturel.

C'est pourquoi la forme de représentation telle qu'on la voit dans l'illustration 3 s'est imposée pour les forums. Derrière se cache un pocessus historique tout à fait long. Avant tout les groupes de nouvelles, qui existent depuis le début des années 80 du siècle dernier ont beaucoup contribué, avec leur débats basés sur la discussion, à l'établissement de cette forme de représentation. Les lecteurs de nouvelles modernes utilisent cette forme de représentation pour illustrer des discussions et pour la conception de forums basés sur le web, cette forme de représentation était privilégiée dès le début. Quelle souplesse offre la représentation arborescente quand il s'agit de visualiser une discussion, c'est ce que montrent les exemples d'illustrations qui suivent. Il s'agit de quelques vues aériennes de discussions typiques du Page d'information: connexion exigée forum SELFHTML :

Discussion en structure de controverse marquée
Illustration 5: Discussion en structure de controverse marquée

Discussion à la structure relativement axée sur le message de départ
Illustration 6:Discussion à la structure relativement axée sur le message de départ

Discussion mixte plus longue avec plusieurs parties et digression
Illustration 7: Discussion mixte plus longue avec plusieurs parties et digression

Ces illustrations prouvent que la forme de représentation arborescente reflète très bien la structure d'une discussion. Les discussions peuvent se dérouler de façons très diverses. Quelques unes présente plutôt une structure plate, d'autres par contre plutôt une structure en profondeur. Justement pour les discussions plus longues, dans lesquelles plusieurs parties de la discussion vont en profondeur, cette forme de représentation exerce-t-elle une grande fascination. Les participants qui peuvent s'enthousiasmer sur la nature des discussions, trouvent, dans cette forme de représentation, un excellent soutien optique pour leur permettre de s'orienter et décider à quels endroits il est intéressant pour eux de commencer à lire. La compréhension du classement chronologique des nouveaux messages, tel qu'il est décrit plus haut, pose sans aucun doute certains problèmes aux débutants. L'expérience montre cependant que les participants s'habituent la plupart du temps très vite à ce schéma.

Les discussions de ce genre s'épuisent cependant à un moment ou à un autre. Particulièrement dans les forums à la fréquentation élevée tous les arguments sont immédiatement apportés pour des discussions typiques. Quelque digression peut-être encore, l'intérêt à la discussion s'essoufle cependant peu à peu, même si son contenu est d'une grande valeur et contient de nombreux messages d'un niveau élevé. Les discussions visiblement épuisées doivent disparaître à un moment ou à un autre pour cette raison de la vue d'ensemble des discussions. Afin que des discussions de valeur ne soient pas perdues, il est le plus logique de déplacer ces discussions dans une archive. Dans l'archive, il est toujours possible de trouver les discussions, qui ne sont pourtant plus actives en ce sens qu'il n'est plus possible de poster des messages sur une discussion archivée. C'est pourquoi aujourd'hui les bons forums comportent en règle générale une partie active et une archive. La partie active est présentée avec une vue d'ensemble des discussions en cours, et le participant peut passer de la vue d'ensemble aux endroits de son choix des discussions de son choix. L'arcive par contre range les vieilles discussions qui ne sont plus actives de façon logique par exemple par ordre chronologique ou par thème. La plupart du temps une recherche en texte plein ou par index est aussi judicieuse pour accéder rapidement à certains contenus archivés. Aussi bien la partie active d'un forum typique basé sur le web que l'archive correspondante sont modelées techniquement de telle façon que chacun des différents messages peut être appelé durablement par sa propre URI. De cette façon les discussions d'un tel forum restent durablement une partie du WWW et du principe hypertexte mondial. Des messages individuels peuvent par exemple être posés comme lien dans des textes d'informations statiques et être cités comme source.

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Le modèle des babillards électroniques (boards)

L'unité de base de pensée dans un babillard n'est pas la discussion contrairement au forum mais le thème. Car sur un plan purement optique, ce qui correspond à une discussion dans un forum aurait, dans un babillard, toujours la forme de représentation suivante:

Thème et contributions à celui-ci dans un babillard
Illustration 8: Thème et contributions à celui-ci dans un babillard

Ici A est une contribution qui donne le sujet, et les B sont d'autres contributions à celui-ci. Il est bien entendu tout à fait possible que la contribution du cinquième B ne réponde pas du tout à la contribution A mais par exemple à la contribution du troisième ou quatrième B. Cela ne sera cependant visible pour le lecteur que lorsqu'il lira la contribution. Il n'a aucune possibilité de s'informer à l'avance de l'aspect de la structure de la discussion, et quel message se rapporte à quel autre. Ce n'est d'ailleurs pas du tout dans la conception des babillards de représenter des discussions. Les babillards sont orientés sur le sujet et les contributions ont davantage le caractère de déclarations sur un sujet. La métaphore de représentation de base est ici la liste, à savoir la liste des déclarations sur un sujet. Les listes ont l'avantage d'être, par rapport à l'arborescence, encore beaucoup plus claires. Le caractère " effiloché" de l'arborescence disparaît. Tout est bien aligné proprement à gauche et correspond parfaitement au besoin normal de lire de façon séquentielle. Étant donné que la liste d'un thème avec des contributions forme une unité fortement homogène, un thème avec toutes ses contributions dans les babillards typiques est également la plus petite unité pouvant être appelée comme page Web séparée.

Un thème peut être quelque chose de spécialisé à souhait. La plupart des exploitants de babillards couvrent une palette de thèmes relativement étendue. Afin que cela n'entraîne aucun désordre fâcheux, les babillards sont divisés de telle façon qu'une navigation intégrée guide le participant aussi près que possible de son intérêt thématique du moment. C'est la raison pour laquelle on parle le plus souvent de systèmes de babillards ou tout au moins de babillards (au pluriel). Un système de babillards qui s'est fixé comme palette de sujets par exemple la publication sur le Web, offre d'abord une espèce de répertoire trié par thème. La plupart du temps deux niveaux de hiérarchie suffisent pour la navigation qui y mène. Là le visiteur peut par exemple choisir dans le niveau supérieur, entre les différentes technologies Web comme HTML ou JavaScript ou entre les champs de problèmes comme les cadres ou les témoins de connexion. Dans le deuxième ou troisième niveau de la hiérarchie de la navigation qui y mènent les sujet disponibles sur le thème choisis sont listés. Ce niveau est désigné comme étant un babillard Même pour la présentation des thèmes dans le babillard, s'impose déjà , sur le plan visuel, la forme de liste. Étant donné que plusieurs données sur un thème sont le plus souvent affichées, par exemple le nom du participant qui a ouvert le sujet, ou le nombre de contributions sur le sujet, la liste prend la forme d'un tableau. Chaque rangée du tableau représente un thème et chaque colonne propose des informations sur une sur une propriété des données qui constituent ce sujet. Si un lecteur appelle un thème, il peut lire la liste des contributions à ce thème. La plupart du temps c'est ici aussi une mise en page en tableau qui est utilisée, celle qui était déjà employée dans la navigation ayant mené à ce thème.

L'illustration suivante montre des captures d'écran "abstraites" d'un système de babillards typique ainsi que sa navigation thématique et un thème avec ses contributions:

Première vue d'ensemble avec les domaines thématiques (babillards) et des remarques comme le nombre de contributions ou la plus récente d'entre elles
Illustration 9: Première vue d'ensemble avec les domaines thématiques (babillards) et les remarques comme le nombre de contributions ou la plus récente d'entre elles

Quand on choisit dans une telle vue d'ensemble un babillard, le deuxième niveau de la hiérarchie apparaît avec un récapitulatif concret des thèmes disponibles dans ce babillard:

Vue d'ensemble des thèmes du babillard avec des remarques comme le nombre de contributions et la plus récente d'entre elles
Illustration 10: Vue d'ensemble des thèmes du babillard avec des remarques comme le nombre de contributions et la plus récente d'entre elles

Lors du choix d'un thème, la page avec toutes les contributions à ce thème apparaît enfin:

Représentation sous forme de liste dans un tableau des contributions sur le sujet
Illustration 11: Représentation sous forme de liste dans un tableau des contributions sur le sujet

Le système dans son ensemble donne une impression d'ordre grâce à sa représentation en tableau. La navigation permet d'approcher un sujet désiré. Celui qui lit un sujet peut lui aussi contribuer à ce sujet en répondant.

Le classement des nouvelles contributions peut varier d'un sytème de babillard à un autre. La plupart des systèmes ajoutent toutefois les nouvelles contributions en fin de liste, contrairement au principe en réalité logique du plus récent au sommet. Pour les longues listes, le participant doit éventuellement feuilleter sur plusieurs pages pour lire les éléments récents.

La méthode d'archivage est, elle aussi, variable. De nombreux babillards n'archivent jamais, mais laissent chaque sujet ouvert sans limite de temps pour recevoir de nouvelles contributions. Quand trop de sujets existent dans un babillard, la structure de navigation peut être divisée plus finement de façon à ce que les différents babillards voient leur thème restreint et regroupent ainsi moins de sujets.

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Plaidoyer

Ce sont avant tout des débutants qui viennent de façon récurrente sur le forum SELFHTML, après avoir posé leurs premières questions concernant leur page d'accueil sur l'un de ces "sites paradis des webmestres" pollués par des bannières publicitaires et qui n'ont d'autre objectif que celui de l'auto-financement, et ils pensent avant tout avoir à se plaindre de la forme de présentation du forum. à cet endroit la rengaine revient que pourtant le forum de l'exploitant XY (si on suit le lien en question, on remarque qu'il s'agit d'un babillard) est beaucoup plus clair. De plus ces "je-sais-tout" recommandent aussi de scinder le forum en différents thèmes exactement comme le fait XY. Pour les participants habituels du forum, ce genre de de contribution déclenche régulièrement de fortes réactions épidermiques. La plupart du temps les visiteurs réguliers rétorquent avec des réponses plus ou moins amicales, invitant le requérant à retourner alors sur son merveilleux babillard et à arrêter de troubler le forum SELFHTML par sa présence. Certains qui se sont vus invectiver ainsi suivent le conseil et ne reviennent jamais. Certains sont têtus et parviennent après un certain temps à s'adapter aux coutumes du forum SELFHTML.

Peut-être cet article pourra-t-il contribuer à plus de compréhension pour la façon dont le forum SELHTML se présente (ainsi que beaucoup d'autres forums Web classiques dans lesquels il est tenté de transposer la culture de la discussion de Usenet sur le Web. Un forum est un lieu de discussion entre ses participants. Un forum digne de ce nom, doit pour cette raison être basé sur la discussion pour visualiser ces discussions. Un forum n'est pas composé de thèmes sur lesquels chaque participant peut dire quelque chose. Les discussions sont d'autant plus vivantes que des participants répondent à d'autres participants, que ces derniers répondent à leur tour, que d'autres encore se "branchent" sur une discussion et qu'une discussion peut changer de sujet. Celui qui écrit dans un babillard, ne doit pas par contre se référer à une autre contribution, mais à la contribution de départ, le sujet. Un babillard est conçu de telle façon qu'on ne discute avec personne mais simplement que l'on s'exprime sur un sujet, un peu comme dans un livre de visites où l'on dit quelque chose sur la page d'accueil correspondante. D'un point de vue technique, les babillards ne sont rien d'autre qu'une collection de livres de visite avec une navigation. La seule différence est que le sujet n'y est pas la page d'accueil de l'exploitant mais qu'il est formulé dans la contribution de départ. Un forum par contre est une forme d'application toute différente et a une autre vocation en fixant d'autres priorités. Un forum part du principe qu'une nouvelle discussion n'est pas seulement un thème sur lequel chacun doit s'exprimer (chacun pour soi, pour ainsi dire), mais que les participants discutent les uns avec les autres, et qu'ils se réfèrent à d'autres participants et à certaines de leurs affirmations. La forme de représentation du forum vise ici à visualiser qui se réfère à qui. Pour les lecteurs qui veulent suivre une discussion, une telle visualisation est nécessaire.

Sans doute peut-il arriver dans les babillards que naissent des discussions, par exemple parce qu'un intervenant a posté une remarque provocante ou lancé une affirmation foncièrement douteuse. Pourtant premièrement on ne peut pas reconnaître de telles discussions avant de les lire, et deuxièmement suivre une telle discussion devient vite pénible, parce que, dans la représentation en liste, on a de gros problèmes pour retracer qui, en réalité, a répondu à qui. En partie, il est indispensable de faire défiler l'écran loin vers le haut ou bien feuilleter en arrière pour retrouver la contribution à laquelle se réfère quelqu'un. Les babillards ne se prêtent pas aux discussions. Les babillards sont en réalité plus logiques là où des thèmes sont imposés. C'est ainsi que de nombreux magazines en ligne ont couplé un babillard électronique à la publication de leurs nouvelles où chaque annonce constitue un thème sur lequel les lecteurs peuvent exprimer leur avis. Un babillard électronique ne peut cependant pas constituer une solution de remplacement au forum - et encore moins une meilleure alternative. Là où les discussions sont plutôt attendues , voire souhaitées par l'exploitant, les babillards ont même un effet contreproductif et sont une forme d'application tout simplement inappropriée. En étant un peu médisant, on pourrait même affirmer que les babillards privilégient, tout spécialement dans le domaine de l'aide dans les domaines informatique et Internet, la mentalité de tous ceux qui s'égosillent à réclamer des solutions toutes prêtes sans vouloir rien y comprendre. Car les babillards sont ainsi faits qu'une question spécialisée sur un thème donné ne permette à vrai dire que des réponses linéaires à la question mais pas les discussions sur le sens ou l'absurdité de la question.

Il existe bien des formes hybrides de forum et babillard. C'est ainsi que l'organe d'information allemand de référence pour la branche informatique Page en langue allemande Heise Newsticker, avait installé derrière chaque nouvelle un pur babillard. Étant donné que le Heise-Ticker a un nombre extrêmement important de lecteurs et que certaines nouvelles déclenchent des discussions animées avec des centaines de contributions, la forme du babillard n'était cependant plus satisfaisante. Entre-temps, toutes les contributions qui donnent lieu à discussion sont marquées comme telles et sont représentées, si on le souhaite, sous forme de discussion. Les contributions sur la nouvelle, donc les messages respectifs auquels personne ne répond autrement , sont par contre listés eux tout simplement, comme dans un babillard.

Ce plaidoyer n'a pas cependant pour but de favoriser certains types d'applications ou solutions mixtes. La justification de l'existence du type d'application qu'est le babillard ne doit pas non plus être discutée ici. Le plaidoyer désire seulement faire comprendre - à la lumière des différences entre forum et babillard explicitées plus haut - pourquoi certains exploitants (c'est le cas de l'offre du forum SELFHTML) veulent délibérément un forum et non un babillard. Celui qui désire proposer une plate-forme pour les discussions doit proposer un forum et celui qui veut une plate-forme pour des articles ou délarations sur des thèmes donnés doit proposer un babillard. Il doit pouvoir être attendu des participants aux deux types d'application qu'ils distinguent l'une de l'autre, tout comme ils reconnaissent aussi le livre de visites comme étant un type d'application à part. Cela s'applique aussi aux débutants passés par les "sites paradis des webmestres".

Les forums ne visent pas non plus, contrairement aux babillards, à se scinder en domaines thématiques. Car les forums ont une mission d'intégration. Ils veulent représenter, c'est délibéré, un seul amphithéâtre dans lequel tous ceux qui sont intéressés par la problématique d'un sujet se rassemblent pour y discuter des différents aspects de la problématique de ce sujet et par ce moyen, élargir leur horizon. Un forum n'en est pas pour autant un succédané pour une offre de connaissances. Certes une recherche peut s'effectuer dans l'archive du forum et faire apparaître quantité de connaissances spécialisées. Cependant le forum lui-même s'entend comme un lieu du discours. Il ne se réduit pas à des questions récurrentes alimentées par un pingpong Question-réponse à une dimension. Une offre telle que le forum SELFHTML est placé sciemment dans l'offre globale SEFHTML comme complément à la documentation SELFHTML. Ce n'est pas un produit de remplacement pour SELFHTML. Il est certes possible, avec de la chance, qu'une question formulée amicalement reçoive une réponse, même si cette réponse pouvait être trouvée dans SELFHTML ou dans dans d'autres sources facilement accessibles. Ce n'est cependant pas la mission réelle du forum. Un forum est un lieu pour ceux qui se sont déjà "plongés" dans la problématique d'un sujet et qui désirent continuer à progresser grâce à un échange intellectuel avec d'autres qui partagent le même intérêt pour cette problématique.

Si maintenant - comme on le demande ici - les utilisateurs doivent pouvoir faire la distinction entre un forum et un babillard, cela s'applique davantage encore aux exploitants de sites sur le Web. Celui donc qui doit prendre la décision d'ajouter une application à son offre Web pour permettre aux participants de poster, celui-là doit connaître les différences de conception entre les forums et les babillards pour se décider en connaissance de cause. Il n'y a aucune raison de mettre en service un système de babillards, pour la seule raison qu'apparemment tous les sites professionnels (par exemple ceux du type "paradis du webmestre") le font. Les systèmes de babillards sont simplement poussés en avant plus fort et plus commercialisés que ce n'est le cas pour les forums typiques. La raison en est que les développeurs de forums ont la plupart du temps d'autres préoccupations intellectuelles et poursuivent d'autres buts que l'exploitation commerciale de leur application. Il sont souvent eux-mêmes des participants passionnés à Usenet ou à des forums. Leurs forums s'intéressent davantage à une clientèle plus exigeante et plus intellectuelle et moins axée sur le commerce. À l'inverse, les babillards sont particulièrement populaires dans ces communautés où les contributions dépassent rarement le niveau du simple bavardage cajolant où tout doit être en couleurs et où les participants sont visiblement déjà satisfaits quand ils peuvent discuter et penêtrer sans repère les arcanes d'un sujet.D'accord - les mots sont très sévères. Mais il s'agit aussi d'un plaidoyer. Transcrits en termes plus neutres, ils doivent contribuer tout à fait à ce que les exploitants du Web se décident pour l'un ou l'autre modèle en connaissance de cause, selon la cible d'utilisateurs visée et la direction désirée à donner aux messages tout en s'opposant aussi à ce que tous font.

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